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Il advint qu'un beau jour de l'été 1975, il choisit de faire de l'art sa profession, par passion et par vocation. Un artiste, Fayolle n'est rien de moins qu'un artiste intégral. Trente-cinq ans plus tard, il aura suivi un parcours parfois difficile et exigeant, mais certainement pavé de stimulantes victoires. Le voici aujourd'hui qui persiste à faire son cinéma, fidèle à sa démarche de risquer gros pour gagner l'essentiel. Quiconque a vu une des créations de Fayolle Jean validera ce témoignage, lui rendant hommage pour l'heureuse façon dont il contraint la plus simple expression à se recréer dans un espace scénique et à se révéler authentique, désormais porteuse de grâce, de sublime et d'engagement.
Fayolle Jean n'aura fait que cela pendant ces tente-cinq années. La radio, le théâtre, la poésie sont pour lui mille petits bonheurs toujours en gestation, empreints de renouveau et dont le sevrage ne se fait que lorsque vient le temps du partage avec le public.
Sur son piédestal de fleurs de neige, s'il trébuche par moments, c'est pour mieux rejoindre les êtres qui lui sont chers et surprendre le vide. Après notamment sa pièce de théâtre Des soutanes à brûler coécrite avec Michel Doresca et qui a connu un remarquable succès en 1977, N ap tann, son adaptation de En attendant Godot de Samuel Beckett, qui ne fut jamais créée à cause de la censure de mai 1979 sur le théâtre en Haïti et, plus près de nous, Pataswèl, son avant-dernier long métrage, que nous vaudra Wòklò (La Téméraire) dont la grande première est prévue pour le samedi 10 juillet prochain à la salle Leonardo Da Vinci à Montréal?
S'il est un malentendu qui nous désarme et nous laisse pantois face à la condition humaine, c'est bien souvent celui résultant de l'être qui n'existe que par quelqu'un d'autre et qui se convainc, jusque dans rève, de cette nécessité. Voilà l'amour qui tue. Wòklò, une approche nouvelle dans le cinéma haïtien. Wòklò, un film que Fayolle a réalisé avec une grande rigueur artistique, tributaire d'abnégations.
Après avoir joué dans une quinzaine de films québécois, dans plusieurs téléséries et sitcoms à la télévision québécoise et canadienne, il fait une percée à la télévision anglaise dans la télésérie très remarquée Durham County, saluée par le New York Times.
Trente-cinq ans plus tard, Fayolle Jean aura admirablement gagné l'estime de ses pairs et la fidélité du public. Alors qu'il s'interrogeait sur la nécessité de continuer à faire de son métier une vocation, une jeune étudiante lui répondit ceci : «Quoi qu'il advienne, l'art te sera reconnaissant.» Les Productions Cimage Quebec 2010 |